Ce titre qui me paraît surréaliste est bien la réalité que vit la Côte d’Ivoire au lendemain d’un scrutin qui devait ramener la paix dans le pays. Bilan de ces élections présidentielles : on se retrouve dans une situation encore plus critique que celle qu’on connaissait avant.
J’avais un rêve à la veille de ces élections présidentielles en Côte d’Ivoire : celui d’une sortie de crise couronnée d’une paix restaurée. Probablement celui de plusieurs ivoiriens et ivoiriennes qui avaient vécues ces situations de trouble, ces derniers temps. Je voulais croire que ce pays allait se relever après ces dix années de crise, que le candidat perdant accepterait le verdict des urnes en tendant la main à la démocratie. Aujourd’hui, au seuil de ces élections, la situation est plus que jamais tendue, et même pire qu’elle ne l’était par le passé. On se retrouve avec deux présidents à la tête d’un pays, une première dans l'histoire.
C’est l’espoir de tout un peuple qui a volé en éclats avec la tournure qu’a prise l’annonce des résultats des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Sur les forums, on sentait l’enthousiasme au début de ces premières élections démocratiques. Pour la première fois, les candidats des trois principaux partis avaient pu se présenter en toute sérénité. Pour donner l’illusion que tout pouvait être fait dans les règles de l’art, c’était la première fois de l’histoire que l’on assistait à un débat entre deux candidats pour les présidentielles. Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, qui allaient s’affronter lors du deuxième tour de l’élection s’étaient montrés calmes et pacifiques lors des échanges.
Rien ne laissait présager le désastre qui allait suivre. Les deux candidats sur tous les médias redisaient leur volonté de sortir le pays de la crise. On nous a eu, on s’est fait avoir une fois de plus. C’est une pièce de théâtre dont le dénouement tend vers une tragédie qui se joue en Côte d’Ivoire actuellement. Ces deux hommes qui tous les deux prétendent vouloir la paix, ne semblent pas voir le gouffre sans fin dans lequel ils sont en train de conduire leur pays.
Premier acte : la commission Électorale indépendante qui a annoncé comme vainqueur l’opposant Alassane Ouattara a vu ses résultats invalidés par les membres du camp du président sortant. Les membres de la CEI ont été empêché de donner les résultats qu’ils ont dévoilé au delà du temps qui leur était imparti. Second acte : le président sortant : Laurent Gbagbo, invalide les résultats de la CEI et selon la loi, c’est le conseil institutionnel qui déclare le vainqueur : il est proclamé président de la république de Côte d’ivoire. Troisième acte : chacun des présidents fait son investiture et forme son gouvernement, l’un au palais présidentiel, l’autre dans un hôtel chic d’un quartier résidentiel dont les casques bleus de l’ONU assurent la protection.
Ce scénario n’est pas nouveau en Afrique et même en Côte d’Ivoire. L’histoire se répète. En 2000, après l’annonce du résultat des élections présidentielles qui donnaient vraisemblablement de l’avance au candidat rival Laurent Gbagbo, le général Robert Guéï venu au pouvoir par un coup de force, tenta désespérément de s’y accrocher. Il invalida les résultats de la commission électorale nationale et s’autoproclama président. Ce fut le début d’une révolte qui plongea le pays dans un chaos avec l’invasion des rebelles dans le nord qui a conduit à une partition du pays.
À cette époque, l’opinion internationale semblait moins intéressée à l’avenir de la Côte d’Ivoire. La réaction de la communauté internationale ne s’était pas faite sentir aussi rapidement comme les sanctions actuelles qu’on veut prendre. On se demande pourquoi aujourd’hui, elle est si rapide à mettre son nez dans la situation politique en Côte d’ivoire. Par le passé, on a tous vu des génocides se dérouler, des pays s’enflammer, et des populations décimées sans que les pays daignent lever le petit doigt pour essayer de calmer les choses car leurs intérêts n’étaient pas en jeu. Il est normal que l’envie soudaine des nations unies que la démocratie puisse être appliquée aussi rapidement soit perçue comme louche par plusieurs. Les populations africaines doutent de la crédibilité des institutions internationales comme l’ONU.
Les médias sociaux ont attisé les discours de part et d’autre. Au lendemain des élections dans l’attente des résultats, chacun proclamait son candidat vainqueur ou essayait de convaincre l’autre mais dans quel but ? Lorsque les discussions ne vont absolument rien changer dans la situation. Partout dans les médias c’est l’escalade des discours en faveur de son candidat. Sur les réseaux sociaux au lendemain de l’annonce des résultats par la CEI qui proclamaient Alassane Ouattara comme président
Ma plus grande déception a été celle de la jeunesse en qui tout le monde plaçait son espoir. Il faut croire que le monde ne va pa changer de si vite. Les jeunes étaient chacun du coté du candidat qui bien évidemment va permettre à papa et à maman de se remplir les poches. Chacun se bat pour le candidat qui va permettre à ses parents d’assurer une situation économique stable.
Je suis lassée de lire de part de d’autre des discours où chacun met de l’avant la version qui l’arrange. Sur RFI et les chaines européennes qui prônent devant les caméras et la face du monde la démocratie, et qui en arrière attisent des régimes qui les arrangent, ne parlent que la victoire d’Alassane sans jamais essayer de donner les arguments de Gbagbo qui expliqueraient pourquoi il ne souhaiterait pas quitter le pouvoir. Dans l’autre camp, la RTI est carrément devenue la voix de la Majorité Présidentielle et de son président Laurent Gbgabo.
Je plains ceux qui ferment les yeux sur les défauts et irrégularités de chacun de leurs candidats qui prônent une soif du pouvoir sans précédent. Des deux camps, les partisans doivent reconnaître les erreurs de leurs candidats plutôt que de voiler la face et essayer de masquer cela pour défendre coute que coute son candidat. Pour finir quelle image pour un pays qui dit-on était le reflet de développement dans toute l’Afrique de l’ouest. Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse on espère que les pays ne se retrouveront pas dans la situation que vit la Côte d’Ivoire.