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dimanche 11 décembre 2011

Des présidentielles aux législatives…une fuite de l'électorat


Après 10 années sans scrutin, les ivoiriens étaient prêts, et c’est avec enthousiasme qu’ils se sont bousculés dans les bureaux de vote pour choisir leur président. La participation enregistrait alors un taux extraordinaire de 80% : record reconnu mondialement. Si l’engouement y était avant les élections présidentielles, la crise qui a suivi a très vite déchanté plusieurs. Des bagarres, des tricheries et surtout les violences, ont terni ces élections, sans parler du décompte et des résultats….et de la crise qui s’en est suivie. Inutile de revenir sur tous les détails cette période sombre qui a couté la vie à près de 3000 personnes.

Ça fait également 10 années que les ivoiriens n’ont pas élus de députés. Mais à part ce seul point commun, aujourd’hui la conjoncture est totalement différente. À en croire les premiers dépouillements, les électeurs ont déserté les bureaux de vote. Raison première à ce manque de participation, qui à mon avis battra lui aussi des records : l’absence de l’opposition. Le parti de l’ancien président a décidé de boycotter les élections législatives. Ils réclament la libération de plusieurs responsables du parti et celui de leur chef : Laurent Gbagbo. Ne nous cachons pas que l’expédition Illico-presto de ce dernier à la Haye récemment n’a pas vraiment arrangé les choses. Alors faute d’adversaire de poids, la coalition du président Alassane Ouattara est assurée d’emporter la plupart des sièges de la nouvelle assemblée.

Encore des élections qui finissent en queue de poisson ! Ce n'est pas étonnant que les électeurs soient blasés! Je comprends que certains d'entre eux se sont questionnés sur la pertinence de leur voix, alors que les couleurs semblaient déjà annoncées et qu'il n'y avait point d'enjeu. Est-ce que l’absence d’un chef doit justifier le retrait de son parti de la vie politique? La stratégie du FPI de boycotter les élections législatives n'est sûrement pas à son avantage. Les résultats devront être connus d’ici une semaine et je parie n'auront rien de surprenant!

lundi 5 décembre 2011

Deux pommes plus tard…




Ça fait aujourd'hui 2 mois que le monde a perdu un des plus importants visionnaires du siècle. Génie pour certains,  innovateur pour d’autres, source d’inspiration pour plusieurs et même un Dieu pour les plus mordus, Steve Jobs, le père de la compagnie Apple s’est éteint le 5 octobre dernier. Des milliers de personnes étaient en émoi après la mort de celui qui a révolutionné le domaine informatique. Son décès n’était pas une surprise car il était déjà survivant après plusieurs opérations qui lui auraient pu lui couter la vie. Après un cancer du pancréas et une greffe de foie, ses ennuis de santé n’ont pas arrêté si bien qu’en janvier 2011, il prend un congé maladie pour une durée indéterminée. L’été de la même année il démissionne de la compagnie et cède la place à Tim Cook. C’est l’effervescence sur les marchés, et les actions d’Apple prennent un coup dur.

Les hommages qui ont suivi sa mort étaient énormes partout dans le monde entier et j’ai ressenti un gros pincement au cœur lorsque j’ai appris son décès: difficile de ne pas se sentir concerné par sa mort. Des messages, des lettres et….des pommes ont envahi les pages Facebook et même les boutiques Apple. Il faut dire que Steve Jobs a permis de révolutionner à jamais le monde de la technologie. Avec son premier produit qui plaça Apple au sommet, la musique mp3 est désormais accessible avec un appareil à l’esthétique impeccable. 

Apple c’est toute une philosophie. L’entreprise n’y est pas allée de main morte sur l’hommage rendu à l’homme, on pouvait lire ceci sur le site de la compagnie : « Nous sommes profondément attristés d'annoncer que Steve Jobs est décédé aujourd'hui, a déclaré Apple dans un communiqué. L'intelligence, la passion et l'énergie de Steve étaient la source d'incalculables innovations qui ont enrichi et amélioré nos vies. Le monde est meilleur grâce à Steve ». Franchement, j’ai trouvé la dernière phrase un peu exagérée. J’adore l’Ipod, l’ordi mac, l’Iphone, et je lui suis infiniment reconnaissante des énormes progrès technologiques qu’il a apporté dans le monde d’aujourd’hui, mais je ne pas suis prête à accepter une telle affirmation : que le monde est meilleur grâce à lui. Steve Jobs n’est pas Dieu. 

Apple n’est pas une œuvre de charité non plus, c’est bien une compagnie qui fait des profits, qui a des comptes à rendre à des actionnaires, et qui cherche à grossir sa part de gâteau sur le marché. La preuve Apple va mieux ! Deux mois, après les actions sont tranquillement remontés sur le marché, aujourd’hui elles étaient au prix de 393 dollars Us. De plus, une étude vient de dévoiler que le marché des applications payantes serait largement dominé par Apple, loin devant Androïd ! La compagnie n’a pas à s’inquiéter sur sa future santé financière.

Pourtant il m’est presqu’impossible de voir en Steve Jobs l’entrepreneur assoiffé d’argent qui a tout mis en œuvre pour faire des profits. Les produits Apple coûtent cher, soit, mais la qualité y est. Et que dire du personnage ! Toujours en col roulé noir avec un jean, Steve Jobs passait pour le commun des mortels à chaque fois qu’il faisait une apparition publique. Très belle leçon d’humilité dans un monde où l’apparence prend des proportions énormes et où on finit par oublier l’essentiel.

« Le monde voit rarement des gens qui ont une influence aussi importante que celle de Steve. Ses effets se feront encore ressentir pendant plusieurs générations. » — Bill Gates, fondateur de Microsoft

Je suis totalement d’accord avec ces propos. Son parcours si inspirant  fait plus que jamais réaliser que dans la vie il faut se battre et croire en ses rêves. Je suis en admiration devant cet homme qui a fabriqué le premier ordinateur dans son garage, qui a été chassé de sa propre compagnie, qui a fini par revenir et la placer au sommet à la bourse parmi les compagnies les plus cotées de ce monde. Steve Jobs n’a pas fini ses études universitaires, il a décroché. Comme un autre génie d'une autre époque, il ne filait pas le grand amour avec l’école mais cela ne l’a pas empêché d’atteindre ses objectifs. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Steve Jobs, je vous invite à écouter son discours livré à l’université de Stanford : une belle et remarquable leçon de vie.

mercredi 28 septembre 2011

La Justice au pays de l'oncle Sam...


Si tous les regards étaient tournés vers les États-Unis en ce début du mois pour le 10ème anniversaire des attentats du 11 septembre, ils y sont à nouveaux portés, mais avec cette fois-ci une émotion tout à fait différente. Il avait clamé son innocence à plusieurs reprises jusqu’à ses dernières heures dans le couloir de la mort. Mais la Cour Suprême des États-Unis ne lui a pas laissé une autre chance. Troy Davis a subi la peine capitale le mercredi 21 septembre 2011. Je tiens à préciser l’année dans cette date tristement devenue célèbre parce qu’il m’est difficile de réaliser que l’homme du 21ème siècle continue à avoir de telles pratiques.

Alors que tout le monde éprouvait de la compassion envers les États Unis pour ces milliers d’américains qui ont perdu la vie avec l’attentat du World Trade Center, c’est maintenant de la tristesse marquée de sentiments d’incompréhension et même de colère, face à l’exécution froide de Troy Davis que ressentent plusieurs. Ils étaient des centaines à veiller cette soirée du 21 septembre en espérant un dernier recours de la justice américaine.

L’affaire Troy Davis, c’est l’assassinat d’un policier dans le parking d’un Burger King en Georgie un soir d’été 1989 alors qu’il pourchassait des agresseurs qui s’en sont pris à un sans abri. Trois personnes étaient impliquées dans l’agression, mais seul Troy Davis a été suspecté et désigné coupable du meurtre. Faits inusités dans ce drame : l’accusation de Troy ne porte sur aucune preuve matérielle à part les témoignages des personnes présentes sur les lieux, l'arme du crime n'a jamais été retrouvée. De plus, sept des neuf témoins ayant accusé Troy Davis se sont rétractés sous serment depuis le premier procès. Plusieurs ont confirmé avoir subi des pressions de la police. Il ont avoué avoir eu peur de contredire la “ la version officielle ”.  

Que dire des États-Unis,  pays qui prétend vouloir faire instaurer les droits de l’homme dans certaines zones, comme par hasard celles qui possèdent l’or noir, alors que sur son propre territoire, près de 34 états restent accrochés à cette pratique qui prive l’homme d’un droit fondamental? Les États Unis sont le seul pays occidental qui continue d’appliquer la peine de mort. Drôle de contradiction lorsque dans la déclaration de l’indépendance on lit ceci : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du Bonheur.» Comment peut-on se donner le droit de priver quelqu’un de sa vie ? Au nom de la justice ? Mais de quelle justice parle t-on ? Balivernes……
 Loin de moi l’idée de diaboliser le pays de l’oncle Sam. Il y a déjà eu un déferlement de chroniques depuis ces derniers jours sur la toile, mais il est difficile de rester insensible face à cela. Il est vrai les États Unis présentent un paradoxe : autant ils arrivent à nous écœurer avec les guerres qu’ils prétendent faire au nom de la démocratie, autant ils nous émerveillent lorsque leur nation décide de faire bouger les choses. L’exemple du soulèvement de 1960 avec Martin Luther King pour mettre fin  la ségrégation le montre, et plus récemment l’élection a la maison blanche du premier président noir : Barack Obama, formidable espoir pour toute une génération. Et Obama dans tout ça ? Il a tout simplement fermé les yeux sur cette affaire et a dit « préférer rester en dehors ».  Pour moi c’est une façon un peu plus jolie de dire : faites en ce que vous voulez.
 Si seulement Troy Davis avait su qu’il paierait de sa vie pour un meurtre dont il s’est dit non-coupable jusqu’au bout, il ne serait sûrement pas sorti de chez lui ce soir d’août 1989. Son père, vétéran de la Guerre de Corée n’aurait sûrement pas accepté de se sacrifier au nom de la justice de son cher pays, justice qui enlèverait par la suite la vie à sa progéniture. Ah 1989 ! L’année si chère dans mon cœur qui m’a vu naître ! En juillet, la France fêtait le bi-centenaire de sa révolution et de l’établissement des libertés et des droits fondamentaux. Un peu plus tard en novembre, c’était la chute du Mur de Berlin, superbe espoir pour ces milliers d’allemands qui attendaient un avenir florissant. Désormais un autre souvenir viendra s’ajouter à ceux que j’avais.
Ceci furent ses dernières paroles :

"Je voudrais m’adresser à la famille MacPhail. Je voudrais que vous sachiez que je ne suis pas celui qui a tué votre fils, votre père, votre frère. Je suis innocent. L’incident qui est arrivé cette nuit-là n’est pas ma faute. Je n’avais pas d’arme. Tout ce que je demande… c’est que vous regardiez plus profondément dans le dossier, pour que vous puissiez finalement voir la vérité. Je demande à ma famille et à mes amis de continuer ce combat. Pour ceux qui s’apprêtent à prendre ma vie, que Dieu ait pitié de vos âmes. Et que Dieu bénisse vos âmes."

Était-il vraiment innocent ? Il est désormais trop tard pour se poser la question, l’injection mortelle l’a déjà emporté dans l’au delà. Troy Davis est devenu le symbole des partisans de l'abolition de la peine de mort. 


jeudi 21 avril 2011

Quand la jeunesse ivoirienne envoie un message de paix..


Ils étaient une dizaine à s’être rassemblés métro Mont Royal le mardi 7 avril à 18h pour un moment de recueillement pour la paix en Côte d’Ivoire, des jeunes sans distinctions aucune, qui n’ont pas hésité à se tenir soudés main dans la main, comme pour exprimer l’unité encore possible dans ce pays déchiré par une grave crise post-électorale.
Pour une fois il n’y avait pas de messages accusateurs en faveur de Ouattara ou de Gbagbo sur des pancartes, les fameux noms des deux leaders n’ont été prononcés à aucun moment durant la rencontre. C’était plutôt des slogans comme : « Paix en Côte d’Ivoire » que scandaient en chœur ces jeunes sur place. Le but de ce rassemblement apolitique : envoyer un message de paix pour la jeunesse, et demander l’ouverture de corridors en raison de la crise humanitaire que connaît le pays depuis les affrontements.
Cette initiative fut celle d'Info Abidjan, groupe de jeunes ivoiriens  qui ont créé un fil d'informations sur le réseau social Facebook pour permettre aux populations d’être à jour concernant les évènements à proximité, et surtout pour pouvoir répondre aux demandes urgentes sanitaires des personnes dans le besoin. Ayant à coeur d'agir malgré la distance, Info Abidjan a invité ses membres à se regrouper pour envoyer un message d'unité de la diaspora ivoirienne. De Paris à Londres, jusqu’à même Beyrouth au Liban, l’appel a été entendu par plusieurs jeunes qui se sont rassemblés dans ces métropoles.
Le groupe Info Abidjan a placé une autre corde à son arc, AAH-CI, pour agir dans cette période où la construction de la paix sera un travail de longue haleine.  L'Ong AAH-CI, créée dans la même foulée, s'est donné pour objectif de sensibiliser les âmes sur la crise humanitaire en CI, lancer un appel a l’ONU et toute organisation a même de pouvoir aider sur le terrain en terme de médicaments, soins, réconfort,  et surtout de promouvoir la paix et l’unité du peuple ivoirien.


N'hésitez pas à adhérer à la page Facebook du groupe à l'adresse: info.abidjan@groups.facebook.com

vendredi 18 mars 2011

Ah le confort du fauteuil présidentiel !!


Savourons encore cette situation, car peut-être qu’un pays essayera de nous voler bientôt la vedette en provoquant une conjoncture comme celle-là : deux présidents accrochés au fauteuil présidentiel. lI faut croire qu’on est les seuls à se plaire et jouir de cette notoriété dont on aurait vraiment pu s’en passer. Jadis objet de convoitise et source d’admiration, aujourd’hui c’est le ridicule qui caractérise le mieux l’anarchie qui règne en Côte d’Ivoire. Eh oui, peut-être qu’en bout de ligne ce sera une trace dans l’histoire, quand tout ira mieux, on repensera à tout ce qu’on aura réussi à surmonter….parce que pour l’instant ce chaos ne fait que ternir encore plus l’image d’un pays qui devait sortir dune crise longue de dix années. Trêve de plaisanterie. 
Un long blanc dans mon blog, à l’image de ce statut quo ivoirien…Inutile de revenir sur les évènements qui se sont enchainés depuis la fin du deuxième tour des élections présidentielles. Un long blanc de questionnement, d’interrogation. J’avais l’espoir que mon prochain article sur le blog porterait sur la crise ivoirienne, mais qu’il louangerait la décision d’un des deux leaders d’avoir accepté des compromis pour éviter la guerre dans son pays, mais c’était me mettre le doigt dans l’oeil.
Puis, il y eu les révolutions des pays arabes, la vague de contestations et ce superbe soulèvement de la jeunesse en Tunisie qui a poussé Ben-Ali vers la porte de sortie. Et comme une contagion, l’Égypte aussi a crié son exaspération contre le régime d’Hosni Moubarak, par delà les frontières du continent africain, des peuples ont exprimé leur volonté de démocratie par des manifestations. Ce vent de révolte aurait pu mettre la puce aux oreilles de la jeunesse ivoirienne, j’ai cru pendant l’ombre d’un instant que la jeunesse se lèverait pour exprimer son mécontentement dans le but de faire bouger les choses là-bas, du côté d’Abidjan.  
Quelques semaines plus tard, ce sont des affrontements et des actes d’une barbarie sans précédent  parfois orchestrés par des jeunes dits « patriotes » que les médias ont rapporté. Bilan après 3 mois de crise : des mors par centaines...pourquoi accepter de mourrir en martyr dans de pareilles conditions? Loin de moi la volonté de faire croire que cette poignée de personnes qui agissent sans grande réflexion, représentent toute la jeunesse ivoirienne. Il semblerait que le courage, la détermination et l’unité qui ont fait la force de la révolution tunisienne ne caractérisent pas encore cette jeunesse, ou qu'il faut encore qu'elle murisse des leaders capables de prendre la relève.  
La terre a tremblé au Japon suivie d’un tsunami dévastateur, des images effrayantes sont parvenues à des millions de personnes dans le monde….j’ai vu la petitesse de l’être humain devant la nature. Décidemment la vie ne tient qu’à un fil…Et Devant de telles images on ne peut qu’implorer l’aide du créateur divin pour mettre fin aux pertes de vies. La Côte d’Ivoire en est presque là….ne plus savoir quoi faire à part s’en remettre à une force supprême pour essayer d’arrêter les pertes de vie. Osons croire que tout s’arrangera, qu’un avenir radieux sera toujours possible…

vendredi 4 février 2011

Deux présidents pour un pays

Ce titre qui me paraît surréaliste est bien la réalité que vit la Côte d’Ivoire au lendemain d’un scrutin qui devait ramener la paix dans le pays. Bilan de ces élections présidentielles : on se retrouve dans une situation encore plus critique que celle qu’on connaissait avant.
J’avais un rêve à la veille de ces élections présidentielles en Côte d’Ivoire : celui d’une sortie de crise couronnée d’une paix restaurée. Probablement celui de plusieurs ivoiriens et ivoiriennes qui avaient vécues ces situations de trouble, ces derniers temps. Je voulais croire que ce pays allait se relever après ces dix années de crise, que le candidat perdant accepterait le verdict des urnes en tendant la main à la démocratie. Aujourd’hui, au seuil de ces élections, la situation est plus que jamais tendue, et même pire qu’elle ne l’était par le passé. On se retrouve avec deux présidents à la tête d’un pays, une première dans l'histoire. 
C’est l’espoir de tout un peuple qui a volé en éclats avec la tournure qu’a prise l’annonce des résultats des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Sur les forums, on sentait l’enthousiasme au début de ces premières élections démocratiques. Pour la première fois, les candidats des trois principaux partis avaient pu se présenter en toute sérénité. Pour  donner l’illusion que tout pouvait être fait dans les règles de l’art, c’était la première fois de l’histoire que l’on assistait à un débat entre deux candidats pour les présidentielles. Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, qui allaient s’affronter lors du deuxième tour de l’élection s’étaient montrés calmes et pacifiques lors des échanges.
Rien ne laissait présager le désastre qui allait suivre. Les deux candidats sur tous les médias redisaient leur volonté de sortir le pays de la crise. On nous a eu, on s’est fait avoir une fois de plus. C’est une pièce de théâtre dont le dénouement tend vers une tragédie qui se joue en Côte d’Ivoire actuellement. Ces deux hommes qui tous les deux prétendent vouloir la paix, ne semblent pas voir le gouffre sans fin dans lequel ils sont en train de conduire leur pays.
Premier acte : la commission Électorale indépendante qui a annoncé comme vainqueur l’opposant Alassane Ouattara a vu ses résultats invalidés par les membres du camp du président sortant. Les membres de la CEI ont été empêché de donner les résultats qu’ils ont dévoilé au delà du temps qui leur était imparti. Second acte : le président sortant : Laurent Gbagbo, invalide les résultats de la CEI et selon la loi, c’est le conseil institutionnel qui déclare le vainqueur : il est proclamé président de la république de Côte d’ivoire. Troisième acte : chacun des présidents fait son investiture et forme son gouvernement, l’un au palais présidentiel, l’autre dans un hôtel chic d’un quartier résidentiel dont les casques bleus de l’ONU assurent la protection. 
Ce scénario n’est pas nouveau en Afrique et même en Côte d’Ivoire. L’histoire se répète. En 2000, après l’annonce du résultat des élections présidentielles qui donnaient vraisemblablement de l’avance au candidat rival Laurent Gbagbo, le général Robert Guéï venu au pouvoir par un coup de force, tenta désespérément de s’y accrocher. Il invalida les résultats de la commission électorale nationale et s’autoproclama président. Ce fut le début d’une révolte qui plongea le pays dans un chaos avec l’invasion des rebelles dans le nord qui a conduit à une partition du pays.
À cette époque, l’opinion internationale semblait moins intéressée à l’avenir de la Côte d’Ivoire. La réaction de la communauté internationale ne s’était pas faite sentir aussi rapidement comme les sanctions actuelles qu’on veut prendre. On se demande pourquoi aujourd’hui, elle est si rapide à mettre son nez dans la situation politique en Côte d’ivoire. Par le passé, on a tous vu des génocides se dérouler, des pays s’enflammer, et des populations décimées sans que les pays daignent lever le petit doigt pour essayer de calmer les choses car leurs intérêts n’étaient pas en jeu. Il est normal que l’envie soudaine des nations unies que la démocratie puisse être appliquée aussi rapidement soit perçue comme louche par plusieurs. Les populations africaines doutent de la crédibilité des institutions internationales comme l’ONU.
Les médias sociaux ont attisé les discours de part et d’autre. Au lendemain des élections dans l’attente des résultats, chacun proclamait son candidat vainqueur ou essayait de convaincre l’autre mais dans quel but ? Lorsque les discussions ne vont absolument rien changer dans la situation. Partout dans les médias c’est l’escalade des discours en faveur de son candidat. Sur les réseaux sociaux au lendemain de l’annonce des résultats par la CEI qui proclamaient Alassane Ouattara comme président
Ma plus grande déception a été celle de la jeunesse en qui tout le monde plaçait son espoir. Il faut croire que le monde ne va pa changer de si vite. Les jeunes étaient chacun du coté du candidat qui bien évidemment va permettre à papa et à maman de se remplir les poches. Chacun se bat pour le candidat qui va permettre à ses parents d’assurer une situation économique stable.
Je suis lassée de lire de part de d’autre des discours où chacun met de l’avant la version qui l’arrange. Sur RFI et les chaines européennes qui prônent devant les caméras et la face du monde la démocratie, et qui en arrière attisent des régimes qui les arrangent, ne parlent que la victoire d’Alassane sans jamais essayer de donner les arguments de Gbagbo qui expliqueraient pourquoi il ne souhaiterait pas quitter le pouvoir. Dans l’autre camp, la RTI est carrément devenue la voix de la Majorité Présidentielle et de son président Laurent Gbgabo.
Je plains ceux qui ferment les yeux sur les défauts et irrégularités de chacun de leurs candidats qui prônent une soif du pouvoir sans précédent. Des deux camps, les partisans doivent reconnaître les erreurs de leurs candidats plutôt que de voiler la face et essayer de masquer cela pour défendre coute que coute son candidat. Pour finir quelle image pour un pays qui dit-on était le reflet de développement dans toute l’Afrique de l’ouest. Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse on espère que les pays ne se retrouveront pas dans la situation que vit la Côte d’Ivoire.