Combien de jeunes préfèrent un Big Mac plutôt qu’une bonne salade quand vient l’heure de recharger leurs batteries ? Il est en effet plus facile d’opter pour un plat qui donne la sensation d’être rassasié, et qui de surcroît coute moins cher, que de manger du feuillage assaisonné à un prix dément. La malbouffe gagne à tous les plans sur la nourriture santé. En 2010, triste est le constat de voir que l’obésité n’a pas cessé de prendre du terrain. Au Canada, le nombre de personnes obèses a quasiment doublé entre 1978 et 2010, passant de 13,8% à 25% (soit 1 canadien sur 4). Plus de 5,5 millions de canadiens âgés de plus de 18 ans sont obèses.
Pendant que le gouvernement louange ses investissements et moyens mis en œuvre pour enrayer la maladie, les chiffres démontrent que l’effort n’a pas été concentré à la bonne place. Sa dernière trouvaille : une loi pour empêcher la prolifération des Fast-food à proximité des écoles. Perplexe, on se demande comment une loi comme celle là peut-elle vraiment faire la différence et mettre un frein à l’obésité?
Il semblerait que le gouvernement ait oublié une chose : les bonnes habitudes alimentaires, ça ne se commande pas! Ça s'éduque, ça se développe. Pourquoi les jeunes accepteraient de dépenser 7 $ pour un plat santé alors qu’avec la moitié de cet argent ils ont un hamburger bien garni ? Un exemple, à mon cégep les élèves n'hésitaient pas à prendre leur voiture et à rouler comme des fous pour aller au McDo le plus proche. Mettez-le encore plus loin, ils iront encore plus vite! Vous les tuerez au volant au lieu de les tuer avec de la malbouffe.
Il est évident que le vrai problème est plus profond. Les producteurs agricoles de fruits et de légumes sont ceux qui reçoivent le moins de subventions du gouvernement, contrairement à ceux de mais, viande, produits laitiers et son cortège de graisse comme le beurre, le fromage, les yaourts...Il est bien hypocrite d’espérer que ces produits se vendront moins cher, ou de jouer aux défenseurs de la diététique lorsque le citoyen lambda n’a pas les moyens de s’offrir de la nourriture santé tous les jours. À Montréal, s’alimenter sainement coûte en moyenne 6,11 $ par personne, par jour. La somme paraît raisonnable, mais elle est au-dessus de la capacité de payer pour près d’une famille sur quatre (22,7 %).
Cela fait 4 ans que je vis au Canada et c’est avec effroi que j’ai constaté récemment que j’ai emmagasiné plus de 10 kilos. Suite à mes 3 années vécues en France, je dois dire que mon poids n’avait pas fait un bon aussi extraordinaire !
Nos cousins éloignés ont compris une chose, il faut réglementer la malbouffe. À mon lycée, rares étaient les jours où l’hamburger était au menu. On pouvait en avoir en tout et pour tout, trois fois par mois. Très peu d’écoles ont dans leur cafétéria un menu Fast-Food. Même lorsque la Pub passe à la télé ou à la radio concernant la malbouffe, il y a un message, tout comme pour l’alcool, qui mentionne que l’abus de sucreries est dangereux pour la santé. D’autres diront ce n’est pas énorme, mais on voit la différence et la volonté de ne pas encourager la consommation de fast-food.
Exemple tout aussi banal : les grandeurs dans les menus au Mc Do. En France, pour le menu extra large, qui correspond au trio grand format, la taille du breuvage correspond au Coke moyen d’ici. Pourquoi on ne pourrait pas règlementer pareillement ? Qu’est ce qui empêche le gouvernement d’imposer ses normes ?
La solution semble être là, règlementer, rendre la vie dure aux Fast-food ! Mais oh que cela paraît impossible ! N’espérons pas que demain, le gouvernement demande la fermeture des restaurants de la chaîne Mc Donalds, on sait très bien comment ça fonctionne. Les grandes multinationales participent certainement au développement économique, et on est dans une société capitaliste, il ne faut pas trop rêver !
Qui paye pour l’obésité ? Ce sont les contribuables évidemment. Guérir des gens obèses coute cher, mais c’est aussi des pertes pour la société. En bout de ligne, tout le monde est perdant. Le contribuable paye son impôt qui va atterrir dans un budget de la santé gonflé pour contrer un fléau grandissant, plutôt que dans un budget de l’éducation par exemple. C’est à nous de prendre conscience maintenant pour éviter de payer les conséquences. Mieux vaut prévenir que guérir.



