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mardi 23 novembre 2010

Les mines de la mort


Sauvetage des 33 mineurs chiliens
Congo : sept morts et six blessés dans l’éboulement d’une mine d’or, septembre 2010. Chine : 31 mineurs tués par un coup de grisou dans le fond d’une mine, octobre 2010. Chili le même mois : 33 mineurs coincés pendant 69 jours risquent leur vie au fond de la mine d’or de San José. Miracle : l’accident connaît un dénouement heureux cette fois-ci. Le Chili, décidé à libérer ces mineurs, met en place une opération de sauvetage d’envergure estimée à une dizaine de millions de dollars.
 Les journalistes du monde entier ont accouru sur les lieux de l’incident pour ne pas rater aucun épisode de ce que certains ont appelé «la saga des mineurs chiliens». C’est avec émotion que des milliers de spectateurs ont participé à la sortie de chacun des 33 mineurs. Confinés à 700 mètres sous terre depuis début août, une sonde envoyée par un conduit avait permis d’établir un premier contact. Estimée au départ à une durée de 3 à 4 mois, c’est finalement le 18 octobre dernier que les familles tenues en haleine ont pu retrouvé leurs proches.
Aujourd’hui, si l’histoire des mineurs chiliens coincés sous terre a marqué la mémoire de plusieurs, nombreux sont ceux qui ignorent le cœur du problème. La sécurité dans les mines est loin d’être garantie dans plusieurs d’entre elles. Ce qui doit être la priorité des compagnies minières est souvent négligée en vue de maximiser les profits. De nombreuses mines sont mal inspectées, et la corruption a souvent raison des sanctions qui doivent être prises.
Le profit : mot d’ordre des mines chinoises
Dans le lot de pays où la sécurité dans les mines est compromise, la Chine arrive en tête. La pauvreté des équipements et le manque de formation du personnel contribuent à la réputation des mines chinoises comme étant les plus dangereuses du monde. Avec plus de 2600 accidents recensés l’année dernière, travailler dans une mine y est une activité trop souvent meurtrière. Dans les années 2000, c’est le pays qui a recensé le plus d'accidents miniers, avec 80 % des décès mondiaux pour seulement 35 % de la production de charbon mondiale.

Déjà, en août 2007, plus de 170 mineurs avaient péri dans un des pires accidents miniers suite à la rupture d'une digue qui avait causé l'inondation des galeries. L'énorme demande de charbon, qui fournit plus des deux tiers de l'électricité de la Chine, entrave les progrès visant à améliorer les standards de sécurité. Malgré les injonctions du pouvoir central, de nombreuses mines privées continuent leurs activités en toute illégalité. L’industrie est juteuse, et les compagnies sont prêtes à tout pour atteindre leurs objectifs.


Le dernier incident survenu dans la province de Henan, dans l’est de la Chine aurait pu être évité selon Chen Jiaguo, un mineur rescapé qui a dénoncé le manque d’équipement de survie dans les zones de sécurité : «Il n'y avait pas de matériel de secours dans les tunnels, pas d'alimentation ni d'eau la plupart du temps, et les zones de sécurité étaient pleines de ferraille et autres débris», a-t-il dit, ajoutant que «l'air n'était pas assez ventilé». Cet accident est survenu suite à un coup de grisou.

Des règles de sécurité renforcées

Le grisou, ce gaz émanant des couches de charbon dont l’explosion est souvent mortelle, est le premier ennemi des mineurs. Moins atroces que les accidents, les difficultés respiratoires découlant de la mauvaise qualité de l’air dans les mines sont une cause de mortalité non négligeable. Les conditions sont différentes, mais la finalité demeure la même. Ils se battent encore dans certains cas pour que ces maladies soient reconnues comme maladies professionnelles.
Même si on est loin des abus des petites minières illégales dans les pays en développement, ici aussi les conditions de travail dans les exploitations minières ont suscité de l’inquiétude. Au Québec, un rapport d’enquête de la CSST  a blâmé sévèrement une compagnie minière pour la mort tragique de trois de ses mineurs. Les malheureux ont péri de façon atroce le 30 octobre 2009 dans leur cage d’ascenseur inondée, à plus de 1000 pieds de profondeur. Bien que les conditions de travail dans les mines se soient améliorées, il reste que la négligence et le manque de rigueur peuvent coûtent cher à ces travailleurs. 
Quand on parle d'accidents de travail, on pense spontanément à certains types de travaux à hauts risques, et la mine, apparaît comme le terrain le plus piégé. Travailler sous terre durant de longues périodes, être privé de l’air frais, avaler la poussière, c’est la réalité que vivent quotidiennement les mineurs. La ferveur médiatique suscitée par les décès de nombreux mineurs récemment, a permis de mettre le doigt sur un problème criant. En espérant, que ces évènements permettront de sensibiliser à des inspections plus rigoureuses dans les exploitations minières.

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