« Est ce qu’il y a des supermarchés chez toi? Vraiment ! Vous avez la télévision aussi ?» Ces questions qui créèrent en moi un sentiment où se battaient révolte et étonnement, me reviennent à l’esprit lorsque je me rappelle mes premières journées là-bas, de l’autre côté de l’océan, « au pays des blancs » comme on avait coutume de l’appeler lorsqu’on était enfant. Il faut dire que dans l’imaginaire de plusieurs à l’époque, tous les blancs habitaient la France. Du gâteau africain, ce pays avait obtenu une bonne partie occidentale du continent.
Pour moi, c’était la destination première à visiter une fois partie à l’étranger. Pour plusieurs aussi, ce voyage suscitait la fierté de se retrouver dans ce pays où les boissons consommées étaient les mêmes chez nous, où les stars de musique et de foot étaient aussi adulées par nous. Bref, dans ce pays dont on savait tout ou presque, et dont notre culture était à de nombreux plans, le calque de la sienne.
Ces questions là, je les trouvais insensées, et parfois elles me piquaient au vif. Il m’est arrivé quelques fois de jouer le jeu en affirmant des idioties du genre : nous vivons dans les arbres, nous pêchons et chassons pour nous nourrir tous les jours. Il m’était difficile de comprendre comment au 21ème siècle, de nombreuses personnes avaient une si piètre perception du continent africain. Tandis que de notre côté on prenait plaisir à lire des livres sur les pays occidentaux, on nous enseignait la géographie de l’Europe, pour plusieurs habitants de ces pays, l’Afrique se résumait à une vaste étendue avec de la savane par endroits, de la forêt, plein d’animaux exotiques et une population indigène.
L’ignorance explique ces clichés encore présents. Les médias n’y sont pas innocents, eux qui diffusent sans arrêt des images d’enfants aux corps squelettiques, aux ventres énormes, ou celle de peuples reculés qui ont décidé de garder les coutumes traditionnelles pour préserver leur culture. L’entretien de cette vision archaïque du continent n’est pas pour aider à une meilleure compréhension de la réalité.
Depuis mon enfance, l’histoire que l’on a apprise dans les livres d’école est loin de celle que j’ai découvert sur les bancs de l’université, ou par ma farouche volonté de comprendre. Comment ne pas se questionner lorsqu’on réalise que les occidentaux se sont octroyés le droit de coloniser les pays de l’Afrique au nom de la supériorité de leur civilisation? Il est facile de piller un continent, et par la suite de le qualifier d'exécrable lorsqu’il peine à se relever après des siècles de servitude.
Petit à petit, je me suis rendue compte que l’on nous avait empêché de savoir, qu’on nous avait maintenu dans l’ilotisme. Certes les africains ont par leur corruption et tous les maux qui les caractérisent si bien, détérioré leur situation, mais d’autres raisons profondes expliquent le traumatisme de ce continent. Si l’Afrique croule sous le poids de toutes ces dettes aujourd’hui, c’est en partie parce que ces États avides de profits ont versé de la poudre aux yeux de certains dirigeants pour travestir leurs réelles intentions.
C’est dans l’optique de pouvoir changer les choses, et d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de l’Afrique que je me suis rendue à l’anniversaire du Groupe de Recherche et d’Intervention pour la Libération de l’Afrique (GRILA) à Montréal. Ce groupe fait de la lutte pour un développement autocentré panafricaniste et intègre du continent son cheval de bataille. Au lendemain des indépendances, les leaders nationalistes qui avaient conduits des mouvements de libération, ont dans de nombreux pays essayé tant bien que mal d’instaurer des systèmes démocratiques, où la dignité et la souveraineté des peuples ne serait pas bafouées. Ils ont disparu mystérieusement parce qu’ils ne cadraient pas avec les intentions des pays colonisateurs qui souhaitaient continuer à tenir les rennes malgré la fin de la colonisation.
Ce fut le cas de Patrice Lumumba le père de l’indépendance au Congo. Aujourd’hui, on sait que son assassinat avait été commandé par la Belgique avec le soutien de l’ONU. Même fin tragique pour Thomas Sankara, le révolutionnaire chef d’État du Burkina-Faso. Son prétendu ami Blaise Compaoré, désormais allié de l’Occident l’avait éliminé par un coup d’état. Les vraies raisons de ces assassinats ont été passées sous silence, et ce n’est que de nombreuses années plus tard que les populations ont connu la vérité.

Je suis un amateur de la défense des droits d'Afrique, comme je me plais a dire. J'ai lu ton article et je dois avouer que j'ai du mal a comprend le terme de ton texte. Quand j'ai vu le titre je m’apprêtais a lire un article révolutionnaire ou un article qui sensibilise le changement mais je n es rien perçu de tout cela. En plus je n es pas compris ton texte.
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